Vrai, Yves JEGO n'a pas nié la réalité de
l'esclavage à la Réunion. Il l'a seulement tu, par paresse
intellectuelle, ou tout à la défense de son livre.
Mais quand De Palmas, par
méconnaissance sans doute, affirme qu'il y a eu « assez peu
d'esclavage » à la Réunion, notre ancien secrétaire d'état
aurait pu – il en avait les moyens si l'on en croit le rectificatif
paru dans le JIR de ce matin – et aurait dû affirmer cette
réalité. Mais il a préféré laisser passer cette inexactitude
historique.
C'est vrai qu'il existe un courant
tendant à dire que c'est le passé il ne faut plus en parler,
et
puis que ce n'était pas vraiment de l'esclavage....
et puis encore qu'à la Réunion
on serait "moins traumatisé par cette histoire douloureuse »...
Triste
Suisse qui vient à la fois de voter à la fois pour l'inscription
dans leur constitution d'une interdiction de la construction de
minarets et contre une initiative populaire visant à interdire
l'exportation d'armes.
Triste
dimanche pour la démocratie, l'esprit d'ouverture et l'Humanité.
Voilà
où peuvent nous mener tous les petits abandons de nos exigences et
tous les petites capitulations en matière de droits humains.
Les démocrates suisses ont sans doute la gueule de bois ce matin.
Les Humanistes du monde entier ont de quoi être secoués ce matin.
Alerte ! Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt ! Les dérives populistes de nos Besson, Hortefeux et autres ne peuvent que
nous conduire à ces issues.
Voici ci-dessous un communiqué publié par André Laignel ce jour, suite à la dérobade du Président qui n'est pas allé au Congrès de Maires, et surtout, suite au match de foot Irlande-France.
Le 19 novembre 2009
Alors que le Président de la République a décliné l’invitation
des Maires de France, c’est avec surprise que tous les Maires et
Elus locaux de France ont pu constater qu’il a trouvé la
disponibilité d’assister au match de foot France-Irlande d’hier
soir.
Il était donc bien en France, à Paris, au moment où se déroule
encore leur Congrès annuel !
Cette dérobade est pourtant contraire à
ses déclarations lors du Congrès des Maires en 2008 : “Je
n’imagine pas qu’un Président puisse s’exonérer d’entendre
ce qu’ont à lui dire les Maires ”.
Force est de constater qu’en 2009, il s’en exonère.
Cette attitude montre le peu de considération porté aux Maires
de France ainsi qu’à l’ensemble des élus locaux qui se sont
déplacés en nombre.
Un tel comportement ne peut conduire qu’à refuser la
convocation de l’après-congrès au Palais de l’Elysée faite à
quelques Maires triés sur le volet.
Communiqué de André Laignel, Secrétaire général de
l’Association des Maires de France Secrétaire national du Parti
socialiste à l’aménagement du territoire
Toujours à propos des Etats généraux, j'ai trouvé bien intéressant le texte de Stéphane Nicaise, anthropologue, paru sous le titre "La Sainte Alliance des états généraux" dans le Quotidien du 10. Je vous le recopie ci-dessous.
Pourquoi avoir mobilisé les forces vives de la nation autour des
états généraux ? Il est vrai que, là encore, il convient de
relativiser : les participants aux E.G. n’ont guère été plus de
2500. Pourtant, le président de la République nous annonçait une
large consultation populaire, un débat sans tabou où chacun
pourrait apporter sa contribution.
Oui mais, dès l’introduction de la synthèse générale, le 4e
paragraphe est éloquent : « Le choix a été fait d’organiser
cette synthèse autour d’un projet stratégique commun – le
Projet de territoire de La Réunion. Sur la proposition de l’atelier
3, présidé par M. Philippe Berne, vice-président de la Région
Réunion, ce Projet de territoire tend vers une déclinaison des
propositions des états généraux en grands projets structurants de
développement durable. Chacun comprendra qu’il n’était pas
possible en trois mois de débattre avec la société civile de ses
aspirations et dans le même temps de finaliser un ensemble de grands
projets sur ces bases. De même, on admettra qu’il était
nécessaire de faire des choix en faveur des initiatives les plus
abouties et jugées les plus adaptées au contexte réunionnais et à
des critères de développement durable. » La messe est dite !
Sauf que, de la compilation des travaux des 8 ateliers à l’énoncé
des 5 priorités pour un projet de territoire, que trouvons-nous de
neuf qui n’ait été déjà ressassé depuis des années ? Les «
il faudrait qu’on... » sont pléthore. Cette refonte ne fonde pas
en soi le nouveau contrat social appelé à voir le jour. Et pour
cause, un projet de société ne se construit pas sans la société
civile, c’est-à-dire sans une majorité de citoyens. Or, rien
n’est dit des moyens que l’on veut se donner pour susciter
l’adhésion du plus grand nombre autour de valeurs communes. Par
contre, est constatée la casse qu’on a laissé s’opérer des
associations qui, justement, représentent un maillon indispensable
entre les citoyens et les institutions de la République.
Alors oui, « il est nécessaire de proposer un projet structurant
et fédérateur pour La Réunion », mais à qui ? Et c’est bien la
question culturelle : « Il n’y aura ni prise de responsabilité ni
développement réel si la question culturelle – cela même qui
fonde notre vivre ensemble – n’est pas au cœur des discussions
et des propositions. » À condition de sortir de la culture de la
dépendance et de la gratification pour loyauté affichée aux
décideurs du jour.
La crise morale est d’abord un déficit de démocratie. Notre
société réunionnaise actuelle n’a pas la culture du débat
contradictoire, ni des courants d’opinions capables de faire valoir
des points de vue différents et d’opposer des visions de l’homme,
et de l’homme en société. [... ]
Le
Quotidien du 30 juillet relevait que seulement 0,3 % de la population
réunionnaise avait participé aux États Généraux. Est-ce vraiment
une surprise pour une consultation venue d'en haut avec pratiquement
aucun relais politique entre la décision et les citoyens de l'île.
D'après
le quotidien, l'économiste Jean Yves Rochaux aurait reconnu que les
débats n'étaient absolument pas populaires. Les groupes se
constituant avec 20 personnes à peine.
Par
contre certaines institutions et certains « groupes
d'influence » s'en sont saisis.
Pouvions-nous
alors imaginer des solutions innovantes, dérangeantes quand c'est
l'establishment qui
a
occupé l'espace pour y avancer ses analyses et ses propositions déjà
connues.
Ce
qui est sûr, c'est que l'objectif de faire oublier les
manifestations du début de l'année semble bien atteint.
Ceci
dit, on aurait pu imaginer un gigantesque remue-méninges ou un
phénoménal bouillon de paroles libérées. Mais au final nous
n'avons eu que ces quelques réunions quasi
discrètes regroupant les habituels « accapareurs de la
parole » de l'île.
Prenons
la mesure de cette incapacité à faire vivre un peu de démocratie
participative à la Réunion. Oui, nous avons mal là, à notre
démocratie. C'est elle qu'il faut soigner sinon inventer.
Çà
y est, les socialistes du Sud et apparentés ont créé « Espoir
à Gauche».
L'existence
de courants étant consubstantielle du PS, on pourrait n'y voir aucune
malice et dire que ce n'est là qu'un phénomène normal au sein de
la Fédération de la Réunion.
Je
crois pouvoir supposer un nouvel avatar créé au service de la lutte
des « cadors » du PS local. Mais ne jetons pas tout : il
peut en sortir un vrai travail, une vraie réflexion sur l'avenir de
la Réunion.
Toutefois,
il serait naïf de ne pas y voir la machine de guerre mise en place
pour les futures Régionales et la conquête du pouvoir au sein de la
Fédération.
Il
serait aussi naïf de ne pas voir que le jeu actuel de certains de
nos élus nous conduit aux déconvenues pourtant annoncées. Ce n'est
pas à coup de « Sé pas mwin, sé lu ki vé pa lunyon ! »
que nous allons éviter le plantage.
C'est
pour quand l'éclair de lucidité, camarades ?
Son propos se termine ainsi : "Je m’engage à œuvrer pour une autre Europe, qui ne se contente pas de
gérer les marchés ou de tenter d’amortir la crise, mais qui assume de
véritables choix politiques ambitieux, en remettant l’emploi, la
protection sociale, le développement des territoires au centre de ses
préoccupations. Comme le disaient les pères de l’Europe, il ne
s’agit pas de coaliser des Etats ou de promouvoir des intérêts
égoïstes, mais de rapprocher des peuples et d’unir des hommes et des
femmes autour d’un projet de civilisation qui nous est commun. Ensemble, nous pouvons changer l’Europe et choisir notre avenir".
Ce
matin, le journaliste de Radio Festival commença ainsi ses
bulletins : « On est toujours sans nouvelles de Juliano
Verbard et des États Généraux à la
Réunion ».
Mercredi
dernier, on nous annonçait l'ouverture officielle de ceux-ci
-les EGOM - dans notre beau DOM.
Comment
ne pas voir confirmation de que nous craignions ? C'est vraiment la
nomenklatura actuelle de la Réunion composée des
représentants patronaux, de la Région et de leurs
obligés qui, avec la bénédiction des différents
préfets et de l'État, s'approprient ces États
Généraux qui semblent être faits sur mesure pour
eux, pour qu'ils reprennent la main.
Nous
allons sans doute aboutir à un « projet de
territoire » concocté par eux.
Mais comment
imaginer une quelconque révolution initiée par ceux-là
mêmes qui ont tout intérêt à étouffer
la dynamique actuelle de contestation et à rétablir
l'ordre qui précédait et les arrangeait ?
Étrange affaire que ces états généraux de l'outre-mer qui démarrent aujourd'hui, à Paris, et dans une relative discrétion. Je n'ai rien vu ce matin dans le J, et n'en trouve trace que dans le billet d'humeur de J-N Fortier dans le Quotidien. Je partage l'interrogation de ce dernier quand il écrit "Comme si la capitale était l'endroit le plus approprié pour plancher sur l'avenir des anciennes colonies". L'ADELROI n'y voit qu'un "manège... ayant pour but de calmer leurs esprits et de prévenir leur colère". Elle invite les citoyens libres, autonomes et conscientisés refusant cette "kouyoniss" à "penser collectivement une contre-proposition de "long terme". Lire ici le texte signé par Nicol M'COUEZOU.
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