L'heure du choix
Bercy ou Charléty ? Deux images juste le lendemain du débat. D'un côté, le placement "au carré" des partisans de Sarko au meeting de Bercy. De l'autre la joyeuse foule de Charletty.
L'heure du choix approche, et je vous invite à lire l'article "Présidentielle : le dessous des cartes" d'Emmanuel Todd (historien et anthropologue) dans le dernier Nouvel Observateur (n° 2217).
Je vous en copie un extrait ci-dessous :
Stratégie de provocation
J'entends les gens se féliciter de ce qu'une fraction de l'électorat d'extrême droite soit revenue dans la droite républicaine. En tant qu'historien, ce n'est pas du tout ce que je vois. Le Pen s'est toujours agité dans le domaine du verbe. C'est un rigolo dans son genre, qui n'a jamais eu l'intention d'exercer le pouvoir. Par sa violence verbale, il a servi d'exutoire. Avec Sarkozy, c'est une tout autre histoire. On a affaire avec lui à une droite de gouvernement qui n'hésite pas à adopter une stratégie de la violence raisonnée avec le concours de l'appareil d'Etat. On est donc confronté à quelque chose de très grave. En ces temps de tensions sociales et économiques, il y a le risque que s'installe au pouvoir une droite radicalisée qui saitque la stratégie de provocation peut être une technique efficace de gouvernement.


La campagne aura été pourrie jusqu’au bout par les sarkozistes et augure des heures sombres si par malheur le Nabotléon Sarkostasi l’emportait dimanche. La presse nous a démontré que la France n’a décidément rien à envier à l’Italie Berslusconienne ou à Fox TV aux USA.
Quand on se réveillera, avec un code du travail démantelé, un embourbement militaire dans je ne sais quelle aventure militaro-industrielle américaine, des lois liberticides et une presse plus corsetée encore, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.
Je discute souvent avec des militants de droite et je suis effaré par tant d’aveuglement. Des avocats qui pratiquent au quotidien les réformes de la procédure pénale inspirées par Sarko depuis 5 ans et les conséquences de sa tendance ultrasécuritaire, des enseignants qui pensent que leur métier va être revalorisé avec l’enterrement de l’idéologie soixante huitarde, des étudiants qui pensent que leur avenir sera plus rose. Tous se réclament du gaullisme et s’apprêtent à voter tout guillerets pour un candidat dont l’ambition est de devenir le nouveau roquet de W.Bush.
Lundi, s’il est élu, je me sentirai en colère et bien moins fier d’être français que la veille. Je repenserai à nos remarques condescendantes sur nos cousins italiens aprés l’élection de Berlusconi. Nous, nous aurons Berluscozy.
Rédigé par: Grachus | 05 mai 2007 at 21:59