J'assistais aux Rencontres Citoyennes du Handicap, samedi dernier, à la Plaine des Cafres. Je vous fais partager une partie du beau discours que Thierry LESQUELIN, militant associatif, a prononcé au nom du CLER en ouverture de journée.
"J'ai foi en l'Homme et en notre société, c'est d'ailleurs la base de mon engagement associatif. Je crois donc que nous pouvons faire évoluer la cause des personnes handicapées. D'autres pays y arrivent en partie, pourquoi pas nous ?
Est-ce de l'utopie de croire que nous pouvons mettre à disposition de l'ensemble de nos concitoyens les moyens de se déplacer ; pour u moins acèder aux services publics : les services d'éducation, de santé, de protection sociale, les centre villes, etc... Et pourquoi pas en partie aux services de loisirs et de culture ?
Est-ce de l'Utopie que de croire que nous pouvons mettre à disposition de ceux qui sont en marge les adaptations nécessaires pour accéder à un travail ou à une activité pouvant leur donner une place et un rôle ?
Est-ce de l'utopie que de croire que nous pouvons adapter une partie de nos activités de loisirs, de sport et de culture ?
Est-ce de l'utopie que de croire que nous pouvons changer le regard de la société ? Ce regard si souvent bienveillant et finalement si humain en fin de compte mais aussi emprunt de compassion et de pitié qui peut enfermer et restreindre à une place de "ti pitié" et d'assisté. Il suffit dpeut-être d'orienter ce regard de la face incapacité vers celle des capacités pour dépasser la différence.
Je viens de citer à plusieurs reprises un mot très important par rapport à notre action de ce jour, le mot "adapté" ou "adaptation" sur lequel je m'étendrai un peu pour terminer.
Il y a plus de vingt ans de cela, un certain monsieur WOOD, à travers une nouvelle classification du handicap donnait une vision intéressante sur ce mot :
Pour lui, il y a d'abord déficience au niveau de l'organisme.
Puis, cette déficience donne une incapacité à accomplir une activité.
Et cette incapacité peut alors donner par conséquence un désavantage ou un handicap qui limite ou interdit l'accomplissement d'un rôle social normal.
On peut remarquer que l'incapacité ne donne pas systématiquement un handicap si la société intervient, par le biais d'adaptations qui peuvent être médicales, environnementales. On voit ici toute l'importance de ces adaptations qui peuvent diminuer, voire éliminer le handicap. Il ne s'agit pas d'intervenir sur la déficience ou l'incapacité, mais sur les adaptations, les aménagements, les aides et les accompagnements pour permettre à la personne de trouver une place de citoyen. Pour permettre à la société de changer son regard en dépassant la différence.
"C'est l'indifférence à la différence qui fait la différence" a dit Pierre Bourdieu.


Ce qui est intéressant chez les gens différents c'est que leur différence n'est pas souvent différente de notre propre différence que nous cachons, histoire de ne pas casser notre image. Donc, article lu et point de vue partagé sur ce monde où seul ce qui brille occupe le devant de la scène. Comprenne qui pourra mais je suis assez fier de ma petite pensée matinale. bye bye !
Rédigé par: 5&5 | 11 juillet 2007 à 09:05
Le lien entre ce discours et ton post précédent est pour moi évident. Car la différence n'a rien de physiologique ou mentale. Elle est avant tout sociologique. Elle s'inscrit dans le regard de l'autre. Et l'altérité dans une société libérale est souvent synonyme de catégorisation, communautarisme, opposition, confrontation et stigmatisation. Et selon la balance du pouvoir, la catégorie dominante finit toujours par faire supporter aux autres ses intérêts catégoriels. Ce que j'appelle la révolution conservatrice qui dessine actuellement notre paysage politique national.
Rédigé par: Grachus | 11 juillet 2007 à 17:01