Ce matin, le journaliste de Radio Festival commença ainsi ses bulletins : « On est toujours sans nouvelles de Juliano Verbard et des États Généraux à la Réunion ».
Mercredi dernier, on nous annonçait l'ouverture officielle de ceux-ci -les EGOM - dans notre beau DOM.
Comment ne pas voir confirmation de que nous craignions ? C'est vraiment la nomenklatura actuelle de la Réunion composée des représentants patronaux, de la Région et de leurs obligés qui, avec la bénédiction des différents préfets et de l'État, s'approprient ces États Généraux qui semblent être faits sur mesure pour eux, pour qu'ils reprennent la main.
Nous allons sans doute aboutir à un « projet de territoire » concocté par eux.
Mais comment imaginer une quelconque révolution initiée par ceux-là mêmes qui ont tout intérêt à étouffer la dynamique actuelle de contestation et à rétablir l'ordre qui précédait et les arrangeait ?


En ces temps de grande disette économique et de crise politicienne, en ces temps de flottement des valeurs et de fuite des repères habituels, le moment est venu pour chacun de fourbir les armes pour les prochaines échéances. Le moment est venu d'engranger des pouvoirs et leurs leviers à travers tout ce qui peut permettre de comprendre les enjeux du moment. Et c'est dans cet immense marché de dupes que chaque institution vient faire ses emplettes. En effet, les Etats Généraux constituent d'abord un terrain extraordinaire où les diverses composantes économiques, sociales, associatives, politiques, syndicales ... tentent de construire des liens et du sens entre la réalité du local et leur propre existence.
-Une première question est de savoir si c'est vraiment l'intérêt général qui motive les troupes et non la seule recherche d'une place privilégiée dans cette soupe populaire locale.
-Une seconde question concerne les motivations profondes et réelles des institutions qui auront tôt ou tard à choisir entre leur propre existence et les besoins révélés par le terrain. Il y va de la crédibilité même de ces états généraux.
-Une troisième question fait le lien entre le local et le national et pose le problème des limites et de la marge de manoeuvre de ces institutions qui, rappelons-le, ne peuvent le plus souvent se passer de l'aide nationale.
Sommes-nous prêts à soulever ces premières questions et à y répondre sans faux-fuyant ? Alors ? Bien d'autres peuvent être posées avec, pour le moment, une seule et même réponse : c'est tricmardage et fo trin.
Rédigé par: Jean Paul X | 05 mai 2009 à 22:02